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10 – La Forêt en Nivernais – Charbonniers – Dressage du fourneau

10 – La Forêt en Nivernais – Charbonniers – Dressage du fourneau

La dixième carte postale de la série La Forêt en Nivernais met en scène un charbonnier occupé à dresser une meule qui est, d’après la Notice sur le débit des bois de feu, leur mode de vente et les procédés de carbonisation usités en France de Larzillière (1878), « le seul mode de carbonisation dont l’usage soit général en France ».

Le charbonnier plante dans un premier temps un piquet de bois à partir duquel il délimite la circonférence de sa meule, également appelée fourneau en fonction des régions. Pour le dressage, il empile des branches, les charbonnettes, par lits superposés jusqu’à former deux dômes superposés qu’il recouvre d’une enveloppe de feuilles sèches et de mousse sur laquelle il dispose, pour empêcher l’accès de l’air, une couche de terre fine bien tassée. Une fois l’opération de dressage terminée, le charbonnier met le feu par une cheminée ménagée au centre de la meule et dirige l’opération en ouvrant successivement des évents en différents points de la couverture afin de faciliter le tirage. Les bois durs, et le chêne en particulier, ont les meilleurs rendements : les relevés effectués autrefois par des agents forestiers montrent que le procédé des meules donne en moyenne 82 kg de charbon par stère régulièrement empilé de bois de chêne contre 53 kg de charbon pour le sapin et l’épicéa.

Achille Millien agrémente la carte postale de quelques vers sur les charbonniers qui avaient pour habitude de travailler sur les coupes à la suite des bûcherons : « Des bûcherons coupeurs de chênes / Quand le travail vient de finir, / Alors pour les tâches prochaines / Les charbonniers peuvent venir. / Toi d’abord, dans une clairière, / Dispose en amas circulaire / Les bûches d’égale longueur / Et dresse ton fourneau, dresseur ! »