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Abécédaire des grandes chênaies de France - Fénétrange, ducale et épiscopale

Abécédaire des grandes chênaies de France - Fénétrange, ducale et épiscopale

Paru en octobre 2018, le livre Le Chêne en majesté, de la forêt au vin met en lumière le concept de terroir forestier : un sol et une exposition, une pluviométrie particulière, un ensoleillement spécifique, auxquels il faut ajouter un type d’essences, une densité de plantation et un âge moyen, qui vont influencer le grain et la qualité du bois. La valeur d’une haute futaie de chênes dépend donc de son terroir et de la manière dont elle a été « conduite », dirait un vigneron, ou « gérée », dit l’expert forestier.

Le livre, richement illustré de photographies, dresse notamment, à travers un abécédaire forestier offrant aux lecteurs de nombreux détails géographiques, mésoclimatiques, géologiques et historiques, la liste de vingt-six chênaies parmi les plus belles de France, à l’image de la forêt de Fénétrange.

 

La forêt de Fénétrange, de type continental, doit son nom à Jean de Fénétrange, dont la veuve fonda au XVe siècle une collégiale au milieu du massif mosellan. Elle est à la fois domaniale (8 000 hectares), avec des bois qui ont appartenu au duché de Lorraine et à l’évêché de Metz, et communale (1 000 hectares). Le chêne couvre la moitié du massif, situé à l’ouest de Sarrebourg, avec 20 % de hêtres et 20% de charmes. « En bordure du plateau lorrain, à une altitude moyenne de 250 mètres, pour 900 millimètres de pluie, les sols argilo-calcaires sont très fertiles, mais les limons posés sur argile ont tendance à retenir l’eau », remarque Franck Jacquemin, le directeur de l’agence locale de l’ONF. « Nous veillons donc à ne débarder les bois qu’en tout début d’automne, ou en période de gel. »

Parfois nommée le Pays des Étangs, Fénétrange est riche en étangs de plus de 100 hectares, qui sont reliés par un réseau de canaux. Un paradis pour le balbuzard, un rapace piscivore, et le pygargue, un aigle pêcheur, qui se distinguent l’un de l’autre par la taille et l’envergure. La cigogne noire, une espèce forestière, est également présente. Autant de marqueurs qui sont le signe d’un biotope exceptionnel et favorable aux grands chênes, qui se répartissent en 55 % de sessiles et 45 % de pédonculés. Ils sont vendus en bord de route, tradition alsacienne et mosellane, et même triés entre lots merrain et lots parquet. Record local, une pièce à 1 679 euros le mètre cube a été vendue en 2018.

 

Retrouvez l’intégralité de l’abécédaire des grandes chênaies de France, et bien plus encore, dans Le chêne en majesté, de la forêt au vin de Sylvain Charlois et Thierry Dussard.