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Incendie du Musée national du Brésil à Rio de Janeiro

Salle du musée consacrée aux collections zoologiques : coquillages, coraux et papillons © DR

« On a perdu l’objet et la mémoire de l’objet », résume Pierre Dubreuil, directeur général délégué du Museum national d’histoire naturelle de Paris. Au-delà de la perte inestimable des collections du Musée national de Rio de Janeiro, l’incendie a en effet détruit les archives de l’institution brésilienne dont les études et recherches liées aux objets dévorés par les flammes.

Créé en 1818 par le roi Jean VI et installé depuis 1892 dans l'ancien palais impérial de Saint-Christophe, le musée commémorait cette année son 200e anniversaire à travers une série de manifestations culturelles mettant en valeur ses collections composées de plus de 20 millions d’œuvres et objets sur l’histoire du Brésil et, de façon plus générale, sur celle de l’humanité.

Les collections du département de paléontologie, celles du département d’anthropologie biologique qui abritent le plus ancien fossile humain découvert au Brésil (connu sous le nom de « Luzia ») ainsi que les collections d’archéologie égyptienne ou bien encore l’herbier du musée, riche de 550.000 plantes et dont la collecte a commencé en 1831, ont disparu dans l’incendie. Les collections d'ornithologie, de mammalogie, d'herpétologie et d'ichtyologie, conservées dans des bâtiments annexes, semblent en revanche avoir été épargnées.

De nombreux scientifiques mettent en cause le gouvernement brésilien et l’accusent d’avoir laissé le bâtiment se dégrader faute d’entretien et à force de coupes budgétaires. Le bâtiment ne répondait plus, depuis de nombreuses années, aux normes de sécurité les plus élémentaires avec des fils électriques à nu, des plafonds qui suintent et des extincteurs hors d’usage…

Cette catastrophe rappelle ainsi l’importance du respect des normes de sécurité et de conservation préventive mais également l’urgence des programmes de numérisation des collections, comme ceux menés par le Museum national d’histoire naturelle de Paris, permettant de multiplier les chances de conserver la mémoire des objets. Car « celui qui ne sait pas d’où il vient ne peut savoir où il va »…